5 mythes répandus sur l'industrie de la mode rapide

Nous voulions aussi profiter de cette occasion pour parler de certains mythes entourant l'industrie de la mode rapide et de la mode éthique. Ces mythes sont parfois issus d'une réelle incompréhension après avoir été brainwashed par des campagnes de marketing trompeuses. D'autres fois, ils proviennent d'idées auxquelles on aime croire pour se sentir moins coupable (et c'est humain, on le fait tous). Voici donc notre top 5, avec les arguments permettant de les réfuter pour votre prochaine conversation autour de la machine à café.

Tout ce qui vient d'Asie est de mauvaise qualité et tout ce qui est fait en Europe est de bonne qualité et éthique.

Certains pays sont plus susceptibles à l'abus des droits des travailleurs, mais ce n'est pas tout ce qui y est produit qui est fait par des travailleurs maltraités. En effet, dans cet article, on présente des marques fabricant des produits éthiques en Chine.

Dans le même ordre d'idées, plusieurs pays que les consommateurs associent avec des produits de luxe exportent des produits qui ne sont pas fabriqués par des artisans de troisième génération. Cet article explique justement que des compagnies à Prato en Italie utilisent des immigrants illégaux sous-payés pour faire leur production.

En résumé, lorsque c'est possible, il vaut mieux vérifier la chaîne de production que le pays de provenance du vêtement. Vous pouvez aussi rechercher d'autres indicateurs, par exemple les compagnies éthiques souscrivent généralement à des audits de leurs usines, à des politiques concernant la sous-traitance et paient des salaires au-dessus du salaire minimum du pays.

Si nous n'achetons pas ces produits, les habitants perdront leur emploi et leur situation s'empirera.

NON! Si les consommateurs refusent d'acheter des vêtements faits dans de telles conditions, les entreprises n'auront pas d'autres choix que de s'adapter et de modifier leurs pratiques pour conserver leur clientèle. Les emplois ne seront pas perdus, mais plutôt modifiés afin de finalement avoir des attentes raisonnables concernant la quantité à produire, le salaire, les bénéfices, les heures travaillées et la sécurité de l'environnement de travail. Toutes ces choses coûtent plus d'argent. Ainsi, le seul changement sera une modification du prix pour le consommateur, car il est normal que les vêtements coûtent plus cher. La facture devrait revenir au consommateur et pas à la personne qui fait les vêtements.

Je ne peux pas, à moi seul, provoquer une différence positive ou négative.

Même si c'est du ressort de la compagnie de maintenir de hauts standards éthiques, c'est la responsabilité du client de ne pas encourager de pratiques douteuses. Si vous êtes au courant du manque de moral d'une compagnie, n'achetez pas leurs produits (même s'ils sont en rabais et même s'ils sont vraiment beaux). C'est cliché, mais chaque geste et chaque personne et nécessaire au changement. Chaque personne qui achète des vêtements écologiques ou éthiques fait savoir aux compagnies que c'est ça qu'on veut qu'ils nous offrent.

Sur leur site web, la marque garantit que ses produits sont faits par "des mains heureuses"! Ça doit être une marque éthique.

Il faut poser un regard critique et valider sur quoi repose cette garantie. Certaines compagnies assurent qu'elles respectent les lois du travail des pays où se situent leurs usines, mais ne vérifient pas que les lois sont bien respectées et que les travailleurs se trouvent dans de bonnes conditions. Certaines compagnies disent payer au moins le salaire minimum déterminé par chaque pays, mais le salaire minimum n'est pas toujours un salaire assez élevé pour vivre. Il faut creuser et poser plus de questions. Pour pousser vos recherches, on vous recommande de télécharger l'application Good on You où vous pourrez chercher les marques les plus populaires et voir leur classement basé sur leurs politiques environnementales et humaines. L'application vous suggérera aussi des marques semblables, mais avec de meilleurs classements pour vous aider à faire de meilleurs choix.

Si la fast fashion était si mauvaise, elle serait illégale

Le problème, c'est que l'abus des travailleurs est illégal ici. Nos lois du travail servent à s'assurer que nous recevons des salaires nous permettant de subvenir à nos besoins, à nous permettre de travailler des heures raisonnables, à faire en sorte que nous travaillons dans un environnement de travail sécuritaire, que nous ayons droit à des vacances, à des jours de maladies, etc. Nous avons aussi des recours en cas de litige, par exemple auprès de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail. Par contre, il n'est pas illégal d'acheter des produits de pays où ces mêmes droits ne sont pas respectés. Ce n'est pas parce que ce n'est pas illégal que c'est moral. Cherchez des marques qui délocalise leur production, mais où les travailleurs sont traités dans les mêmes conditions que le pays où se situe le siège social.

Qu'est-ce qu'on a oublié? Faites-nous savoir dans les commentaires!


Bienseance SENC